Critiques d’art

Critique d’art de Lucien Rama 4 avril 2020.

Chronique n°2.FLORKEY.

Tout le monde reconnait les oeuvres de Botticelli, le chantre de la Renaissance.Beaucoup ignorent les multiples visages de l’art urbain dans notre pays. Ultra-colorées et pétillantes, les œuvres actuelles de Florkey intègrent des symboles de la pop culture.

Une mère pianiste, un père dessinateur. Florian Caucheteux est surtout un remarquable artiste plasticien polyvalent, héritier du hip hop : graphisme, design, street art, il maîtrise les divers médiums de la création actuelle tout en étant en quête perpétuelle d’innovations.

Malgré son attachement particulier aux valeurs du graffiti, il a également su conjuguer sa carrière professionnelle avec des projets innovants comme le relooking de la marque Bernard-Massard. Il s’inspire de tout ce qui l’entoure : la typographie, l’estampe, les playmobiles, les châteaux de la Loire, tout cela afin de créer des œuvres polymorphes dans un style particulièrement coloré et minimaliste mais paradoxalement chargé de références esthétiques. Voilà un jeune qui aime tout simplement « créer » et vivre avec spontanéité, quel que soit le lieu de la création.

N’est ce pas cela aussi le printemps?

Renzoh – 2018
Ses influences Pop et Street-art soulignées par son métier de graphiste vous invitent dans un univers coloré, bruyant, énergique et pourtant porte-parole d’une absence humaine, d’un abandon.

La démarche picturale s’interroge sur les lieux humains oubliés mais aussi sur ce que le monde numérique nous offre à voir.

Les peintures de Florian font se répondre, à la fois, le dessin (hyper)réaliste et les flux graphiques grâce à l’emploi d’un contraste formel radical renforcé par des couleurs vives assumées reflets de notre contemporanéité.

Le regard de Florkey flâne dans les espaces numériques, comme dans une forêt d’images et se pose sur des photographies perdues ou volées pour ensuite les recomposer et offrir une nouvelle lecture à l’aide des mêmes outils numériques.

Mise en abîme.

Voyage dans la « terra incognita » du dédale cybernétique.

Ensuite, avec ses pinceaux, ses Posca, ses aérosols il réécrit le propos; avec une extrême précision, il nous offre à voir ces lieux d’oubli après l’orage universels et pourtant si proches.

Les différents formats explorés par Florkey sont aussi une belle façon d’apporter une autre dimension à son art.

Uber Exploration: sa dernière exposition est comme un parcours de naturaliste industriel aux confins de notre vanité et de notre impermanence.

Forbidden Places: comme des cathédrales post-industrielles ou les dieux d’acier

et de silicium nous ont un peu oublié.